La Médiation du crédit : tout ce qu’il faut savoir pour que ça marche

Place d'échange

Entretien avec Olivier Hertrich, Adjoint à la Direction des Relations avec les Entreprises de la Banque de France régionale Rhône-Alpes.

En cas de dialogue bloqué avec un de ses financeurs, un entrepreneur peut demander l’aide du Médiateur du crédit. À condition qu’il fasse les choses dans le bon ordre.

Il ne faut pas se tromper de combat. Si la Médiation du crédit peut donner une bouffée d’air à un entrepreneur en difficulté, il ne peut pas, cependant, obtenir l’impossible. « Nous demander une avance de trésorerie de 20 000 euros pour la semaine prochaine. Cela, clairement, nous ne savons pas faire car nous avons besoin de temps pour rétablir la confiance !! », explique l’adjoint à la Direction des Relations avec les Entreprises de la Banque de France, Olivier Hertrich. En clair, la Médiation ne peut aider un entrepreneur que si le dossier a été pris très tôt. Rappelons que juridiquement, la Médiation du Crédit ne peut pas obliger un banquier à prêter ou un assureur crédit à ouvrir ou élargir ses lignes. Nous sommes sur de la négociation à l’amiable.
Pour cela, l’entrepreneur doit s’inscrire au préalable sur le site internet du Médiateur du crédit (http://www.economie.gouv.fr/mediateurducredit/accueil). Ce qui va permettre à un agent de la Banque de France d’évaluer le niveau de difficulté de l’entreprise. S’il s’agit de retards avec le Trésor public ou l’URSSAF, le représentant rapprochera l’entreprise de la Direction départementale des services publics. En revanche, si les difficultés que rencontre l’entreprise semblent trop fortes et mettent l’entreprise dans une situation fortement compromise, le Médiateur du Crédit conseillera vivement au dirigeant de prendre contact avec le Tribunal de commerce.

Il faut un « capitaine à la barre »

Quant aux cas plus communs de manque de trésorerie ou de refus d’un crédit, le représentant du Médiateur du crédit va envoyer un mail de reconsidération du dossier aux banques et organismes concernés. « Cela peut changer beaucoup de choses », explique Olivier Hertrich. « Très souvent, ce n’est plus le même chargé d’affaires qui relit le dossier », ajoute-t-il. Si cela ne suffit pas, le médiateur du crédit invite alors les différentes parties dans les locaux de la banque de France. Une rencontre qui, sur le papier, peut être le début d’une nouvelle relation entre les parties.
Encore faut-il que l’entrepreneur montre son sérieux. S’il ne dispose plus de fonds propres, la partie va être très compliquée. « Les banques vont nous dire et à juste titre que ce n’est pas à elles de jouer le rôle de l’actionnaire », raconte Olivier Hertrich. Enfin, un dirigeant qui a envie de s’en sortir est un dirigeant qui avance une nouvelle stratégie commerciale pour redresser la barre. Il a tout intérêt d’ailleurs à préparer les documents nécessaires pour étayer sa thèse : budget de trésorerie prévisionnel, compte d’exploitation prévisionnel, carnets de commandes etc… que ne manqueront pas de lui demander les banquiers. « Il faut que les banques sentent qu’il y a un capitaine à la barre », ajoute l’expert de la Banque de France. La confiance est à ce prix.

 

Rappel : La Médiation du crédit aux entreprises est un service gratuit, rapide et confidentiel pour aider toutes les entreprises qui rencontrent, avec leurs partenaires financiers, des difficultés de financement ou d’assurance-crédit. Il ne faut pas confondre avec la Médiation Inter-entreprises qui s’adresse à toutes les entreprises qui rencontrent des difficultés contractuelles ou relationnelles avec un partenaire commercial